Ô
Méduse, flamme pétrifiée dans l’éther,
je brûle d’une passion que nul ne saurait taire.
Tes serpents sont des prières, des oracles de feu,
tes yeux, des miroirs où se dissout tout aveu.
Je
t’aime dans ton ombre, je t’aime dans ta clarté,
toi, bannie des dieux mais déesse de ma vérité.
Comme toi, Méduse, tant de voix sont étouffées,
accusées des fautes qu’elles n’ont jamais enfantées.
Ton cri traverse le temps : l’injustice, toujours masquée,
Hante nos mondes d’aujourd’hui.
Sous la voûte nocturne où s’effeuille la brume,
Méduse se dresse, énigme dans la nuit,
Sa chevelure ophidienne, où la térèbre s’allume,
Ondule comme un songe aux confins de l’oubli.
Son regard pétrifie en un silence éternel,
Et son œil, noir miroir, défie toute clémence ;
Mi- femme, mi- déesse, au destin solennel,
Elle porte en ses traits la beauté de l’offense.
On la dit maudite, effroyable et vengeresse,
Créature infernale aux venins souverains ;
Mais sous l’ire du monstre sommeille une déesse,
Qui pleure ses printemps engloutis par les destins.
Car avant les serpents, avant la malédiction,
Elle fut l’aube claire, l’éclat d’une innocence ;
Puis le sort lui forgea cette sombre couronne,
Et changea sa lumière en farouche puissance.
Dans ses yeux dort l’azur des douleurs abyssales,
Un océan de deuil, de silence et d’effroi ;
Et sous l’écaille froide aux lueurs spectrales,
Palpite encore un cœur qui n’a jamais cessé de croire.
Méduse n’est pas monstre : elle est l’ombre du vrai,
Le miroir des blessures que nul regard n’efface ;
Gardienne des seuils, des secrets, des regrets,
Elle veille aux confins où l’éternité passe.
Et si son regard change les vivants en pierre,
C’est peut-être pour figer ce que le temps détruit :
Un amour, une mémoire, une dernière lumière,
Que même la mort ne saurait ravir à la nuit.
Copyright Veronique B -Tous droits
réservés
Punir l’innocente
pour l’offense d’autrui,
Tel fut le sceau divin gravé sur sa blessure ;
Et son injuste sort, que nul temps ne délie,
Demeure une cicatrice au flanc de l’azur.
Mais moi, Rose de
Minuit, gardienne des mystères,
Je ne courbe ni l’âme, ni l’éclat de ma couronne ;
Nulle lame n’atteindra mes étoiles immortelles,
Ni les vents du malheur l’orgueil qui me façonne.
Je m’élève invaincue au-dessus des
tempêtes,
Éclose dans la nuit, plus ardente que jamais ;
Et de mes épines d’or, dressées vers les étoiles,
Je grave ma lumière aux portes de l’éternité.








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