Dans l’ombre où la nuit recueille ses
mystères,
s’éveillent des soupirs aux fragrances légères ;
ils effleurent l’âme en d’invisibles détours,
comme un rayon d’argent glissant sur le velours.
La nuit déploie sur le monde
son velours d’ombre,
et les songes, frémissants, s’y recueillent en silence.
Sous la lune, dont l’éclat pâle et funèbre succombe,
naissent des soupirs exilés aux confins de l’espérance.
De timides oiseaux, aux ailes
d’opaline,
égarent leur vol entre ténèbres et aurore ;
ils cherchent, dans la brume où la nuit se devine,
l’instant où le désir osera naître encore.
Ils s’éclosent lentement,
fleurs d’une nuit secrète,
puis se brisent en perles sur les lèvres entrouvertes ;
chaque souffle devient une lueur inquiète,
un parfum de prière aux fragrances découvertes.
Je les sens frôler mon âme
d’une ivresse infinie,
comme un vin de cristal aux vertiges de velours,
comme un chant ensorcelé que la nuit engloutit
avant que l’aube effleure les vestiges de l’amour.
Je les ai poursuivis jusqu’au
terme de leur errance,
dans les corridors obscurs où sommeillent les désirs ;
je les ai recueillis, palpitants d’espérance,
comme on recueille une étoile au bord d’un souvenir.
Et dans leur doux secret,
sous les cieux immobiles,
j’ai découvert la clé d’un royaume oublié ;
une porte s’est ouverte aux confins de l’indicible,
où nos deux âmes, enfin, se sont reconnues.
Alors ton cœur s’est ouvert
comme un ciel après l’orage,
et l’aurore a posé son souffle sur ma peau ;
le monde s’est tu, prisonnier de ce mirage,
tandis que nos silences se faisaient plus beaux.
Sous la voûte nocturne où s’effeuillaient les ombres,
nous avons demeuré, hors du temps, hors des jours ;
et dans l’écrin secret où la lumière succombe,
nous avons rêvé d’éternité… le temps d’un amour.
Copyright Veronique B -Tous droits
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