Membres

dimanche 4 octobre 2026

❧༺ 𝓡𝓸𝓼𝓮 𝓝𝓸𝓬𝓽𝓾𝓻𝓷𝓮 ༻❧

 

Ma voix se fait tremblante…
mes lèvres hésitent encore à laisser naître les mots.

Je ne sais vous décrire ce que mes yeux ont entrevu,
ni ce que mon cœur a pressenti.

Une silhouette…
un frisson…
une présence à peine devinée.

Peut-être saurez-vous, entre mes vers,
apercevoir ce que je n’ai su nommer.



❧༺ 𝕽𝖔𝖘𝖊 𝕹𝖔𝖈𝖙𝖚𝖗𝖓𝖊 ༻❧

À ma table des sentiments


Ce soir-là, je m’assis à ma table des sentiments,

Sous une lune d’opale captive aux vitraux,

Tandis que les chandelles, en frêles sémaphores,

Brodaient sur les velours des ombres de château.


Puis je l’aperçus, au détour des brumes,

Fine apparition qu’un souffle aurait pu dissoudre ;

Elle semblait née d’un songe crépusculaire,

D’une larme d’étoile égarée dans la pénombre.


Je ne distinguais d’elle qu’un contour incertain,

Un profil esquissé dans l’ambre d’une flamme,

Mais quelque chose en moi s’inclina doucement,

Comme une fleur nocturne au passage d’une âme.


Une fragrance de rose noire errait dans l’air,

Capiteuse et suave, chargée d’un étrange vertige ;

Elle réveillait en moi d’anciens frissons

Que le temps avait ensevelis sous ses neiges.


Qui donc avait franchi les portes de mon royaume,

À l’heure où les chimères se penchaient aux fenêtres ?

Un songe revenu des lointains de ma mémoire,

Ou un amour que le destin voulait faire renaître ?


Je la contemplai sans chercher à comprendre,

Laissant mon regard suivre son lent déclin ;

Et soudain, au plus profond de ma poitrine,

Une certitude s’alluma comme un rubis.


Je crus l’avoir reconnue… parce que je l’aimais.

Il était des êtres que les yeux ne savaient nommer,

Mais que le cœur devinait avant même de les voir ;

Leur approche possédait une étrange évidence,

Comme un souvenir qui aurait précédé la mémoire.


Comme un souvenir qui aurait précédé la mémoire.

Alors une pensée effleura mes lèvres :

Et si cette âme ne cherchait, sous les ténèbres,

Qu’un peu de tendresse où déposer ses blessures ?


Un cœur las des hivers et des portes closes,

Aspirant à la douceur d’une main sans chaînes,

À cette chaleur fragile et presque précieuse

Qui faisait renaître les roses au milieu des peines.


Je n’appelai pas.

Je laissai simplement brûler les chandelles

Et gardai près de moi une place inoccupée,

Comme on garde au creux d’une prière secrète

La promesse d’un amour encore voilé.

Puis minuit vint poser son baiser sur l’horloge.

Tout s’effaça.


Il ne resta sur le velours qu’un pétale noir,

Une fragrance suspendue au bord de l’air,

Et cette impression étrange, presque indicible,

Qu’un cœur avait frôlé le mien sans le toucher.

Depuis, lorsque les étoiles s’allumaient aux vitraux,

Je laissais une chaise auprès de la mienne.

Non pour attendre…

Mais parce que je savais.

Je n’avais pas reconnu son visage.

J’avais reconnu ce que mon cœur éprouvait.

Copyright ©️Veronique B -Tous droits réservés

Je referme mes mots, comme on scelle une lettre
demeurée sans destinataire.

Pourtant, quelque chose persiste…
un trouble sans nom, une question suspendue
entre l’envie de comprendre
et la douce tentation de l’ignorer.

Certaines émotions, peut-être, ne réclament aucune réponse.
Elles traversent nos chairs, y déposent leur empreinte,
puis s’éloignent à pas feutrés…


samedi 3 octobre 2026

🪞𝓛’𝓔́𝓿𝓪𝓷𝓮𝓼𝓬𝓮𝓷𝓬𝓮 𝓭𝓮 𝓵’𝓘𝓷𝓮𝓯𝓯𝓪𝓫𝓵𝓮 🕯️


Avant que la nuit ne déploie ses dentelles,
avant que la lune n’allume ses chandelles,
il est un instant suspendu hors du temps, où l’amour sommeille encore… innocent.

Les roses exhalent un parfum de mystère, et le ciel s’assombrit d’une douceur lunaire.
Quelque part, dans l’ombre où frissonne le désir,
une âme attend déjà l’heure de s’ouvrir.


𝓛’𝓔́𝓿𝓪𝓷𝓮𝓼𝓬𝓮𝓷𝓬𝓮 𝓭𝓮 𝓵’𝓘𝓷𝓮𝓯𝓯𝓪𝓫𝓵𝓮

Et à l’aube, les bougies dorment encore,
leurs flammes ont veillé tard cette nuit,
dans un ballet presque démentiel,
où l’ombre s’est enivrée de lumière.

Comme des veuves de cire
aux paupières chargées de songes,
elles gardent encore, au creux de leurs mèches,
les secrets murmurés lorsque minuit s’allonge.

Dans l’alcôve obscure,
la lune s’est tue derrière les vitraux,
et le silence, d’un pas spectral,
vient recueillir les derniers mots.

L’encens s’attarde encore dans l’air,
comme un souvenir défunt que nul ne saurait exorciser.
Sur le velours noir de la nuit,
quelques ombres ont laissé l’empreinte de leurs secrets.

Et elle…
dans la pénombre où frissonne le désir,
s’abandonne aux sortilèges du plaisir,
pour savourer avec gourmandise
l’amour comme une affriolante friandise.

Elle en goûte les soupirs,
les caresses infinies,
les promesses chuchotées
au bord de lèvres interdites.

Sous la lune, devenue complice,
elle boit à petites lèvres le nectar trouble des amours,
comme un doux venin de velours
qui fait chavirer les cœurs
et trembler la nuit jusqu’au petit jour.

Minuit s’est enfui…
mais ses sortilèges demeurent,
suspendus aux rideaux,
dans le frisson d’une flamme mourante.

Et moi, dans cette heure incertaine
où l’aube effleure les ténèbres,
je prête encore l’oreille…

Car il est des nuits
qui ne s’achèvent jamais vraiment.
Elles se cachent simplement
dans les replis de l’âme,
là où l’amour, même défunt,
continue de brûler en secret.

Copyright ©️Veronique B -Tous droits réservés



Au matin, demeure un frisson d’opale,

un effluve d’amour sur les lèvres,
et l’ineffable rémanence d’une ivresse que l’aurore ne saurait dissiper.

Certaines nuits s’évanouissent…d’autres deviennent éternelles.