Ma voix se fait tremblante…
mes lèvres hésitent encore à laisser naître les mots.
Je ne sais vous décrire ce que mes yeux ont
entrevu,
ni ce que mon cœur a pressenti.
Une silhouette…
un frisson…
une présence à peine devinée.
Peut-être saurez-vous, entre
mes vers,
apercevoir ce que je n’ai su nommer.
❧༺ 𝕽𝖔𝖘𝖊 𝕹𝖔𝖈𝖙𝖚𝖗𝖓𝖊 ༻❧
À ma table des sentiments
Ce soir-là, je m’assis à ma table des sentiments,
Sous une lune d’opale captive aux vitraux,
Tandis que les chandelles, en frêles sémaphores,
Brodaient sur les velours des ombres de château.
Puis je l’aperçus, au détour des brumes,
Fine apparition qu’un souffle aurait pu dissoudre ;
Elle semblait née d’un songe crépusculaire,
D’une larme d’étoile égarée dans la pénombre.
Je ne distinguais d’elle qu’un contour incertain,
Un profil esquissé dans l’ambre d’une flamme,
Mais quelque chose en moi s’inclina doucement,
Comme une fleur nocturne au passage d’une âme.
Une fragrance de rose noire errait dans l’air,
Capiteuse et suave, chargée d’un étrange vertige ;
Elle réveillait en moi d’anciens frissons
Que le temps avait ensevelis sous ses neiges.
Qui donc avait franchi les portes de mon royaume,
À l’heure où les chimères se penchaient aux fenêtres ?
Un songe revenu des lointains de ma mémoire,
Ou quelque amour que le destin voulait faire renaître ?
Je la contemplai sans chercher à comprendre,
Laissant mon regard suivre son lent déclin ;
Et soudain, au plus profond de ma poitrine,
Une certitude s’alluma comme un rubis.
Je crus l’avoir reconnue… parce que je l’aimais.
Il était des êtres que les yeux ne savaient nommer,
Mais que le cœur devinait avant même de les voir ;
Leur approche possédait une étrange évidence,
Comme un souvenir qui aurait précédé la mémoire.
Comme un souvenir qui aurait précédé la mémoire.
Alors une pensée effleura mes lèvres :
Et si cette âme ne cherchait, sous les ténèbres,
Qu’un peu de tendresse où déposer ses blessures ?
Un cœur las des hivers et des portes closes,
Aspirant à la douceur d’une main sans chaînes,
À cette chaleur fragile et presque précieuse
Qui faisait renaître les roses au milieu des peines.
Je n’appelai pas.
Je laissai simplement brûler les chandelles
Et gardai près de moi une place inoccupée,
Comme on garde au creux d’une prière secrète
La promesse d’un amour encore voilé.
Puis minuit vint poser son baiser sur l’horloge.
Tout s’effaça.
Il ne resta sur le velours qu’un pétale noir,
Une fragrance suspendue au bord de l’air,
Et cette impression étrange, presque indicible,
Qu’un cœur avait frôlé le mien sans le toucher.
Depuis, lorsque les étoiles s’allumaient aux vitraux,
Je laissais une chaise auprès de la mienne.
Non pour attendre…
Mais parce que je savais.
Je n’avais pas reconnu son visage.
J’avais reconnu ce que mon cœur éprouvait.
Copyright ©️Veronique B -Tous droits réservés
Je referme mes mots, comme on scelle une
lettre
demeurée sans destinataire.
Pourtant, quelque chose persiste…
un trouble sans nom, une question suspendue
entre l’envie de comprendre
et la douce tentation de l’ignorer.
Certaines émotions, peut-être, ne réclament
aucune réponse.
Elles traversent nos chairs, y déposent leur empreinte,
puis s’éloignent à pas feutrés…
.gif)


.png)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire